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Etrusques et tapisserie au menu des collectionneurs

Le samedi 10 juin, l'ACPR, Association des Collectionneurs de Pompadour et de sa Région, organisait son traditionnel voyage annuel.

La quarantaine d'adhérents et d'amis de l'association est partie de Pompadour en car à 7 heures. Destination : Meymac, pour y visiter le musée d'archéologie Marius Vazeilles, situé en plein centre historique de la ville, qui n'est autre que l'ancienne et imposante abbaye bénédictine du XIème siècle. Premier pôle d'intérêt : une exposition temporaire très intéressante sur les étrusques. La guide a passionné son auditoire en le faisant voyager dans le temps en présentant ce peuple mystérieux à bien des égards qui a vécu dans le centre de l'Italie depuis la fin de l'âge du bronze jusqu'à la fin de l'âge du fer et dont les Romains ont hérité une part importante de leur culture. Bien avant Jésus Christ, leur civilisation était très avancée, bien plus que la nôtre au Moyen Âge plusieurs siècle après...

Autre pôle d'intérêt, le troisième étage du musée qui présente l'histoire de notre région avec des témoignages de la vie rurale locale du milieu du XIXe à la fin du XXème siècle (outils, ustensiles, jouets, instruments de musique, meubles, vêtements, reconstitution de l'intérieur d'une ferme…).

Le groupe reprenait ensuite le car pour Aubusson.

Ragaillardi par un excellent repas au restaurant le France, c'est une thématique sur la tapisserie qui l'attendait avec une première halte à la Maison du Tapissier, située dans une très belle bâtisse du XVIe siècle. Les visiteurs ont pu voir et interroger une jeune femme, maître lissier, en train de tisser une monumentale tapisserie débutée il y a près d'un an et qui sera terminée seulement en fin d'année. Que d'heures de travail, que d'humilité dans ce travail de fourmi, que de dextérité notamment pour ne pas mélanger toutes les flutes (petites bobines) de laine et faire le bon choix entre une trentaine de nuances seulement pour le bleu, que de patience, que de passion pour ce métier ancestral qui est revenu au goût du jour depuis quelques années, suite à l'inscription en 2009 de cité d'Aubusson au patrimoine culturel immatériel de l'humanité… Les tapisseries tissées dans cet atelier sont destinées à enrichir la collection de la commune et de la communauté de communes.

Un autre pan de l'histoire liée à la tapisserie attendait nos visiteurs avec la découverte de l'atelier-musée des cartons qui présente une collection très riche des dessins et peintures créées comme modèles pour tisser des tapisseries. Le but de cet établissement est clair : protéger, conserver, restaurer, exposer et transmettre le savoir-faire d'un patrimoine peint en voie de disparition : le carton de tapisserie. Car avant de commencer une tapisserie, il faut concevoir un projet, c'est-à-dire réaliser une maquette et donc faire appel à des peintres spécialisés ou des artistes. Inversée et agrandie à l'échelle de la tapisserie, cette œuvre servira de modèle au lissier. C'est le " Carton de Tapisserie ", qui peut être une huile sur toile, une gouache sur papier, un calque, un dessin numéroté ou encore un agrandissement photographique. Le lissier place ce carton sous la chaîne tendue de son métier, et tisse les formes et couleurs qu'il voit à travers les fils de chaînes. Nos deux guides passionnés et passionnants ont fait découvrir un pan de ce patrimoine inconnu pour la plupart d'entre nous.

Dernière halte du triptyque : la cité internationale de la tapisserie ; inaugurée en juillet 2016 avec ses 1600 m² d'exposition, qui permet de découvrir l'universalité de la technique de la tapisserie de par le monde, l'évolution de l'art du Moyen Âge au XXIe siècle sachant que les techniques sont toujours semblables. Comme quoi un très ancien métier peut inciter des artistes contemporains à créer. Cette immersion complète dans l'univers si particulier se terminait par l'évocation de Jean Lurçat, grand créateur qui rénova en profondeur le langage de la tapisserie au XXe siècle. A noter que cette visite était menée par une jeune guide incollable et, là aussi, passionnée par son domaine.

Le groupe regagnait paisiblement le car et retrouvait un repos bien mérité après toutes ces découvertes.

Comme chaque année, l'ACPR propose à ses adhérents comme aux non adhérents, des sorties culturelles afin de mieux connaître notre histoire et notre patrimoine. Le but a été atteint cette année encore.